Les Spécimens sont les produits d’une recherche sur le cabinet de curiosités imaginaire. 

Mon travail se recentre sur les formes naturelles recréées artificiellement afin d’interroger ce qui disparait, ce qui reste et ce que l’on tente de reconstruire. Ma série de coraux parle donc de l’acte de création qui vient pallier à la disparition car en effet, l’Homme recrée actuellement des barrières de corail artificielles afin de compenser la dégradation environnementale liée à l’activité humaine.

Les spécimens peuvent prendre plusieurs formes mais celle qui revient le plus se positionne entre la corne, le corail, la tentacule, la dent, la griffe ou la défense...sans jamais se situer complètement. Il s’agit d’une hybridation mentale entre plusieurs éléments connus qui deviennent abstraits une fois reconstruits par la pensée artistique. Mon cabinet de spécimens parlerait ainsi de ce qui demeure, à l’instar d’éléments archéologiques qui sont des fragments de la mémoire du monde : que reste-t’il du passé? Que restera-t’il du futur ?

Les cabinets de curiosité ont joué un rôle fondamental dans l’essor de la science moderne tout en gardant les traces de croyances populaires liées aux matériaux et aux formes : c’est ainsi l’ancêtre du musée. Sans pour autant tomber dans l’esthétique du cabinet de curiosité traditionnel, il s’agit pour moi de réfléchir à ce que pourrait être aujourd’hui ce type d’espace et les objets qui le composent. 

© 2016 Mathilde Jouen

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